Huis clos Jean-Paul Sartre
★★★☆☆
Je m’attendais à une lecture difficile, mais j’ai été plaisamment surprise de voir qu’il s’agit au contraire d’une lecture simple, fluide et rapide.
J’aime bien le personnage d’Inès, qui est une femme lesbienne assumée. Le livre a été publié en 1944, je me demande comment Sartre a réussi à éviter la censure à ce propos ? J’aime beaucoup aussi cette vision de l’enfer, très “cordiale”, presque administrative. Certaines répliques m’ont fait rire, comme “je fais partie du domaine public”.
De façon générale, c’était une bonne lecture !
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Magus of the Library Mitsu Izumi
☆☆☆☆☆
Je vais ici traiter des tomes I à V, et je ne compte pas lire la suite. Je n’aime pas du tout cette série de mangas.
Tout d’abord, je ne suis pas une fétichiste des livres, donc le délire de protéger les livres me touche moins. Ensuite, mon plus gros problème avec cette série est que l’auteur semble beaucoup apprécier les cultures du Moyen-Orient et musulmane du Moyen Âge, mais ne pas vraiment apprécier les Arabes ou les Musulmans, ou du moins, s’en fiche complètement. Et ce, alors que c’est l’une des rares sagas où l’on voit plusieurs personnages arabes, musulmans et des femmes voilées… C’est super décevant.
On voit que l’auteur ne comprend pas forcément ce qu’il se passe autour des communautés arabes, maghrébines et musulmanes dans le monde. D’abord, parce que l’intrigue repose sur le potentiel racisme que le personnage principal subit, lui qui est un petit blanc blond aux yeux bleus dans une commauté majoritairement arabe. Je ne suis pas fan de ce type de persécution inversée.
Ensuite, parce que les personnages féminins voilées dans l’intrigue sont souvent des “méchantes”, des filles hautaines. Les filles voilées gentilles se dévoilent rapidement, montrant souvent leurs cheveux ; les filles voilées méchantes restent voilées.
L’une des scènes qui m’a convaincue que l’autrice ne savait pas de quoi elle parlait est quand une jeune fille qui porte un masque pour des raisons culturelle se voit agressée par une fille voilée qui exige qu’elle retire son masque ; le jeune héros vient ensuite à sa rescousse pour expliquer qu’elle doit le garder, que c’est important pour sa culture. Est-ce que l’autrice se rend compte que la majorité du temps, ce sont les filles voilées qui subissent ce genre de demandes humiliantes et discriminantes ? Sincèrement, je pense qu’elle s’en fiche. Au mieux, cette saga est maladroite ; au pire, elle est franchement insensible à ce que la communauté musulmane vit dans le monde.
Beaucoup de personnes m’ont recommandé cette saga, mais je ne l’ai vraiment, vraiment pas aimée.
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Faut-il brûler Averroès ? Ce qui nous arrive Thierry Fabre
☆☆☆☆☆
Cet essai est très court (70 pages) mais très nul. Déjà, c’est de la fausse pub : le livre ne parle qu’une fois d’Averroès. Je pensais que cela traiterait de philosophie musulmane, mais pas du tout, car c’est un essai politique. Mais un mauvais essai politique. L’approche de l’auteur est simpliste, naïve, comme s’il découvrait après les élections législatives de 2024 que la France est divisée. Non seulement ça ne vole pas haut, mais l’auteur arrive à se répéter en 70 pages… Bref, c’était vraiment pas la peine de le lire.
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La vie devant soi Romain Gary
★★★★☆
Je vais dire une dinguerie : l’un des livres qui a remporté le Prix Goncourt et qui est écrit un auteur très reconnu est un banger. Sérieusement, je comprends pourquoi ce livre est aussi connu et pourquoi on me l’a tant recommandé.
Le style porte vraiment ce bouquin, c’est fou d’arriver à mélanger un langage parlé avec autant de phrases “précieuses” ou administratives. La fin m’a effectivement fait pleurer.
Néanmoins, j’ai eu plus de difficultés à me plonger dedans vu que l’histoire est un peu disparate. C’est surtout un bouquin sur l’amour et la vieillesse, j’ai l’impression que ce sont des thèmes que Gary aime bien. Par contre, je n’ai pas vécu une transcendance en le lisant, ce que plusieurs personnes semblent avoir vécu avec ce livre.
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Notre vie chez les riches. Mémoires d’un couple de sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot
★★★☆☆
C’était un livre très intéressant. Je n’ai pas lu leurs ouvrages et leurs études, mais leurs mémoires résument succinctement leurs idées et leurs principaux résultats.
Parfois, le “nous” devient assez flou, on sent que parfois Michel ou Monique écrit à la première personne, mais la limite entre les deux est souvent floue. C’est un peu bizarre, mais c’est pour montrer qu’ils sont un package.
J’aurais préféré qu’ils insistent plus sur leurs méthodes que sur leurs résultats : les difficultés méthodologiques, les potentiels rejets de la part des riches… C’est vrai qu’on dirait qu’ils n’ont jamais essayé de refus de la part de ce milieu. Et puis, c’est un peu étrange comment ces riches tolèrent des gens qu’ils savent d’extraction “basse” dans leur vie privée : je me demande si les sociologues ont déjà subi des remarques à ce propos ? J’aurais bien aimé avoir le point de vue de Monique spécifiquement, surtout face à des gens aussi conservateurs. Mais sinon, c’était une lecture rapide, simple, éclairante et parfois drôle.
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Celle qui n’avait pas de reflet K. Chow
☆☆☆☆☆
C’était vraiment, vraiment nul. J’ai levé les yeux au ciel et cringé devant plusieurs scènes. Les personnages n’étaient pas intéressants, le monde très superficiel, et l'intrigue super cliché. Je voulais essayer de lire une romance, mais je ne suis vraiment pas partie du meilleur représentant du genre.
L’autrice semble un peu self-aware des failles de son histoire à certains moments, mais ne prend aucune initiative pour les régler. Par exemple, l’héroïne semble se rendre compte de la domination de classe qu’elle exerce sur ses servantes et du fait qu’elle ne les connaît pas tant que ça. Mais par la suite, elle ne fait aucun effort pour vraiment devenir leur amie ??? Et puis, l’histoire semble reposer sur l’idée qu’un souverain juste est ce qui sauvera le système de la misogynie, tout en ayant conscience (parfois) que les cultures de sexisme et de misogynie sont profondément enracinées dans leur société ??? On dirait que l’autrice a regardé une video essai sur le féminisme chez les princesses Disney en 2015 et n’a pas cherché à creuser le sujet.
Bref, c’était une perte de temps. Au moins la couverture est jolie.
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Hunger games : la ballade du serpent et de l’oiseau chanteur Suzanne Collins
★★★☆☆
J’ai d’abord regardé le film que je n’avais pas aimé parce que les effets spéciaux étaient difficiles à supporter et que l’histoire d’amour était incompréhensible. Je trouve que le livre est bien meilleur que le film.
Déjà, parce qu’on a le point de vue de Snow (même si ce n’est pas à la 1e personne) ce qui implique qu’on lise ses pensées. Du coup, c’est plus clair pour savoir quand il ment, quand il n’aime pas quelqu’un. Cela rend beaucoup d’intéractions beaucoup plus drôles aussi. De plus, cela permet vraiment de comprendre le rapport de possession et d’idéalisation / fantasme qu’il a avec Lucy Gray. Ce n’est pas quelque chose qui transparaît dans le film, c’est dommage. Les descriptions subtiles des actions de ses camarades de classe montrent aussi que Snow ne se rend pas compte du fait que ses camarades ne sont pas tous aussi patriotes que lui, ou alors qu’ils ont probablement aussi des problèmes d’argent. Comme il est trop concentré sur ses propres problèmes, il n’arrive pas à l’envisager.
Néanmoins, l’histoire a ses défauts. Déjà, j’ai vraiment du mal à comprendre pourquoi Lucy Gray tombe sincèrement amoureuse de Snow. Je sais que le fait qu’on n’ait pas son point de vue est nécessaire pour l’histoire, mais du coup ça rend la compréhension de leur lien difficile. Ensuite, je ne suis pas très fan du fait d’expliquer tous les détails du passé. Par exemple, maintenant, on sait d’où vient la chanson du Hanging Tree, mais cela n’apporte pas tant de choses que ça… Je me doutais que c’était basé sur un vrai événement, mais la charge de mystère est aussi ce qui fait le charme de la chanson.
En conclusion, c’est une lecture sympathique mais pas si entraînante que ça.
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Les terres indomptées Lauren Groff
★★★★★
Enfin un coup de coeur ! Je commençais à me désespérer. C’est vraiment un bon livre même si les thèmes abordés sont lourds. Le style porte vraiment le livre puisqu’on ne voit pratiquement qu’un personnage et qu’on lit ses pensées. C’est à la fois une histoire de survie et un cheminement mystique, ce qui fait que la fin est logique même si j’aurais aimé un autre résultat.
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De Sable et de Neige Chantal Thomas
★★☆☆☆
Personnellement, j’ai trouvé ce livre prétentieux. On dirait vraiment de la poésie qui voudrait gagner un prix. Je n’ai pas vraiment aimé.
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Eclosion Ezekiel Boone
★★★☆☆
C’est un film de science-fiction apocalyptique des années 2000/2010 mais en livre. Je ne m’en plains pas, c’est fun à lire. Les personnages sont assez stéréotypés, surtout les femmes à qui l’auteur ne peut s’empêcher de préciser leur statut sexuel. Les phrases sont parfois là pour couper le souffle au lecteur, en étant courtes et délivrant une information importante – surtout en fin de chapitre.Souvent, bizarrement, les phrases se répètent dans un même paragraphe. Il y a trop de personnages, beaucoup n’ayant aucun impact sur l’intrigue (peut-être plus dans le 2e tome ?). Certaines scènes gores sont sympas, surtout la description des corps dévorés par les araignées. Mais comme je ne suis pas arachnophobe, je n’ai pas eu peur.
En bref, un livre simple et légèrement médiocre.
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La symphonie pastorale André Gide
★★★★☆
C’est une lecture rapide (150 pages) et plaisante. Le style est fluide et agréable à lire. J’aime bien certaines comparaisons et descriptions, comme la bouche de la vieille qui “semblait tirée comme par les cordons d’une bourse d’avare, instruite à ne rien laisser échapper”. Le début du livre est meilleur que la fin. L’éducation de Gertrude est intéressante, car elle implique à l’auteur et au lecteur de pouvoir expliquer des notions qui peuvent sembler aller de soi - les couleurs, les formes. J’aurais aimé que le livre aille plus en détail là dessus.
Quand la liaison entre Gertrude et le prêtre devient explicitement amoureuse, je n’ai pas pu m’empêcher d’être dégoutée (il la compare régulièrement à sa fille), surtout quand on connaît les tendances pédophiles de Gide. Mais en réfléchissant, c’est peut-être une mauvaise comparaison mais j’ai l’impression que le livre est comparable à Lolita. Je ne suis pas sûre que le prêtre soit censé être vu comme une figure positive. Son point de vue sur l’affaire est le seul disponible puisqu’il écrit. Le fait que Gertrude et son propre fils décident de ne plus être protestants mais catholiques semble indiquer une forme de dénonciation de l’hypocrisie protestante (quelle qu’elle soit, je ne la connais pas).
Gertrude est également une figure d’Eve, qui découvre le péché et le poids de ses actions en recouvrant la vue. Les personnages d’Amélie et de Gertrude sont constamment comparés, la tentation du prêtre pour Gertrude étant ainsi présentée comme une forme de péché que le prêtre essaie de rationaliser en prenant ce qui lui chante dans la Bible, un acte dénoncé par son fils. J’aime bien Amélie parce qu’elle est très réaliste dans sa façon d’accuser silencieusement, de devoir faire plus de travail à la maison que son mari et l’obligation de silence face à une situation humiliante pour elle.
En conclusion, j’ai bien aimé, même si mon dégoût originel face à l’histoire a un peu fait reculer mon enthousiasme. En y réfléchissant, c’est une lecture plus intéressante qu’il n’y paraît.
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Les jeunes de banlieue mangent-ils des enfants ? Thomas Guénolé
★★☆☆☆
Ce livre est un peu bizarre. Visiblement, il s'adresse aux "balianophobes", mais avec le ton condescendant de l'auteur, il y a très peu de chances qu'il arrive à convaincre un vrai "balianophobe". Les personnes les plus susceptibles de le lire sont probablement les gens de la gauche caviar qui n'ont jamais mis les pieds en banlieu.
C'est intéressant d'utiliser les statistiques pour nuancer la description des jeunes de banlieue, mais il y a plusieurs limites. Déjà, aucun chapitre sur la politisation (ou non) des jeunes de banlieue, ce qui est pourtant intéressant. Quand la quesiton de la Palestine est soulevée, l'engagement des jeunes est vu comme une question d'ego, au fait de s'identifier à un peuple considéré comme martyr et héroïque, ce qui justifierait l'antisémitisme des jeunes. C'est de très mauvais goût d'assimiler un engagement politique à uen simple question de projection romantique, et révèle le certain mépris de l'auteur pour les jeunes qu'il voit comme poussés par des forces extérieures, des contraintes physiques et matérielles, et non pas comme des personnes ayant leur propre volonté.
Ensuite, il parle des flics de banlieue et ne traite que du "côté" des flics, en ne posant à aucun moment des questions aux jeunes de banlieue. Le contrôle au faciès est traité comme le plus gros problème lié à la police, mais un problème simplement regrettable. Les bavures ne sont problématiqueq qu'à cause du tapage médiatique qu'elles provoquent. Là encore, on voit que l'auteur a une vision très limitée de la situation, ou alors qu'il a conscient de s'adresser à des lecteurs qui n'ont jamais eu de problèmes avec la police. C'est probablement le chapitre qui a le plus mal vieilli.
De plus, je pense qu'il serait utile de différencier les types de banlieue. Les banlieues de Paris, Marseille ou Bourges ne sont pas les mêmes. Les enjeux sont différents. Les placer dans le même panier est faire le jeu des racistes. Et l'auteur parle finalement peu des filles, des personnes LGBT+ et jamais des handicapés, ce qui est vraiment regrettable.
J'ai quand même pu recueillir des infos intéressantes, mais en soi le livre ne m'a rien appris de nouveau.
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Ravage Barjavel
☆☆☆☆☆
Ce n'est pas fou. Les descriptions de Paris dans le futur sot intéressantes, avec de bonnes idées (le Sacré Coeur en haut de gratte-ciels). Il y a quelques "prémonitions" de la part de l'auteur qui écrit dans les années 1930, comme les audiobooks. C'est tout.
L'histoire est celle d'une apocalypse, de la société avant puis après. C'est un très vieux livre de post-apo, donc je suis plus familière avec le genre que les lecteurs de l'époque. Mais bon, ce n'est pas un livre de post-apo très intéressant. C'est surtout un retour à la nature.
Les personnages ne sont ni intéressants ni attachants. Blanche aurait pu avoir un dilemme entre la vie de star indépendante à la Radio300 et la vie (vraiment nulle) de femme de François, mais au finla l'apocalypse ne lui laisse pas le choix, et François non plus. Ce personnage a toujours raison, est parfait, il est l'Homme donc il sait. Aucune remise en question ; on sent le self-insert de l'auteur. Et il tue d'un coup sans raisons à plusieurs reprises, sans que ce soit noté par la narration. Trop chelou.
Les thèmes politiques sont gros comme une maison. 1) La technologie c'est mal, il faut retourner à la terre, ce qui est vachement simpliste comme vision ; d'autant plus que ce n'est pas angle écologiste (aucun impact de l'homme sur la Terre dans le futur) mais moraliste et vieux. 2) Pour le livre, les Noirs sont des sauvages qui veulent exterminer les Blancs... On voit que le livre date de 1943, mais quand même, la caricature de l'Empereur noir et de la foule est dégueue. 3) Les mecs sont supérieurs aux femmes qui sont trop faibles et idiotes pour choisir leur propre vie.. le fait que Blanche souffre d'une maladie de la "virginité" est tout aussi dégueu.
Je vois comment les gens ont pu aimer le livre à l'époque, mais c'est un livre qui pue le pétainisme. Je n'ai vraiment pas aimé.
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L'écume des jours Boris Vian
★☆☆☆☆
C'est très plat. L'histoire d'amour est niaise. Les personnages sont difficilement attachants. Le surréalisme n'apporte pas grand chose à par de la confusion. C'était vraiment pas intéressant.
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Hannibal Serge Lancel
★★★☆☆
Point faible : parle beaucoup d'histoire militaire et d'histoire romaine, deux choses qui ne m'intéressent pas du tout. Cela explique que je n'ai pas pu le finir. Mais autrement, ça reste un très bon livre d'histoire. La narration est chronologique, le plus intéressant est quand même l'analyse des sources (comment elles dépeignent Hannibal à travers une légende qui varie selon l'allégeance des auteurs). On voit aussi parfois apparaître une contre-histoire, puisqu'Hannibal avait son propre historien et avait laissé d'autres traces, mais rien n'a été conservé. La lecture est simple, ce qui est bien - beaucoup de livres d'histoire sont inutilement compliqués.
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Le Guide du voyageur galactique, Tome 1 Douglas Adams
★★★☆☆
L'humour absurde anglais n'est pas ma tasse de thé (haha), donc le livre ne m'a pas fait rire. Comme c'est absurde, l'histoire n'est pas structurée et laisse sur sa faim quand on finit le livre. Zaphod Beeblebrox est de loin le seul personnage intéressant, parce que c'est le seul à prendre des initiatives, les autres personnages se contentant passivement de subir ce qui leur arrive. Trillian est décrite comme « vaguement arabe » et comme je suis d'origine tunisienne, je vais considérer qu'elle l'est parce que c'est rare d'avoir des femmes arabes en science fiction. Bon, les adaptations avaient l'air de s'en foutre. D'ailleurs, je vois mal comment adapter ce livre au ciné ou à la télé, parce que tout le piment passe dans la narration qui se permet de partir dans toutes les directions, comme pour raconter le dialogue intérieur d'un cachalot qui va mourir. C'est probablement ces passages qui étaient les plus amusants.
Qu'est-ce que le livre politiquement ? Difficile à dire. Déjà, la police et la politique sont vues comme idiotes, ignares et brutales. La « démocratie » de l'Univers n'est qu'une façade qui cache le véritable pouvoir. J'ai l'impression que le livre a plus de choses à dire philosophiquement que politiquement, même si les deux se rejoignent. La destruction de la Terre ne sert finalement qu'à un but futil, la construction d'une autoroute, qui se révèle aussi être une erreur. La plupart des événements du livre sont de pures coïncidences. La réponse aux questions de l'Univers est 42. Tout cela n'a pas de snes, des mondes entiers naissent ou sont détruits sur la base d'infimes probabilités. Avec tout ça, il y a de quoi devenir très cynique et nihiliste, et si le livre n'était pas comique, il irait probablement dans cete direction. Mais le caractère joyeux de ce bordel évite que les personnages et le lecteur ne ressente le désespoir que cet univers abrite. Ce qui est plutôt cool.
En conclusion, j'ai lu ce livre parce qu'il est un classique de science fiction anglaise, et même si le ton comique ne me touche pas trop, les parenthèses de la narration et certains personnages font apprécier cette lecture.
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Le Diable s'habille en Prada Lauren Weisberger
★★☆☆☆
De façon surprenante, le film est bien meilleur que le livre. Je ne peux pas m'empêcher de comparer les deux, mais ils ont quand même des points communs, notamment le fait qu'ils sont très fun à lire ou à regarder. Les remarques d'Andrea sur le monde autour d'elle sont assez drôles. J'avais besoin d'une lecture plus relaxante que les précédentes, et ce livre a fait son boulot.
En revanche, il a aussi beaucoup de défauts. La narratruce est assez raciste, toutes ses remarques sur les personnes qui ne sont pas blanches font grincer les dents. Pareil avec les gays (toujours des hommes gays) qui sont de véritables stéréotypes. Je sais que le livre a été publié en 2003, c'est le produit de son époque, mais quand même. Ca contraste beaucoup avec le regard critique de l'auteur sur l'industrie de la mode, le traitement du corps féminin et la pression de la beauté qui devait faire tâche face au contexte de l'industrie du divertissement et de la mode des années 2000. C'est bizarre qu'une chose qui être considérée avec nuance et pas l'autre.
La réflexion sur le monde du travail est assez stéréotypée aussi, avec le monde de la ville corrompue opposée au monde simple de la campagne. Mais ça aborde des thèmes intéressants, comme la capacité du capitalisme à absorder toute l'attention et l'énergie des travailleurs et à changer leurs modes de vie et leurs personnalités, quitte à délaisser leurs proches et leurs vies personnelles.
Certains changements dans le film sont bénéfiques. Faire d'Alex un cuisinier en galère permet de contraster la précarité avec le luxe vulgaire de Miranda. Eliminer Lily permet aussi de se consacrer sur l'opposition entre les deux mondes. Le film rapproche beaucoup plus Miranda et ANdrea que le livre, et je trouve ça plus intéressant : le sous texte lesbien n'est presque pas présent dans le livre, alors qu'il l'est plus dans le film. J'aime bien aussi qu'Andrea couche avec Christian dans le film, elle est vraiment prude dans le livre.
Certains changements sont moins bien. Le fait que Miranda devienne une divorcée à répétition alors qu'elle est mariée et heureuse dans son couple dans le livre la place dans le stéréotype de la femme cariériste malheureuse (et qui devrait arrêter sa carrière pour son couple). Aussi, le livre prend une décision cool à la fin : Andrea et Alex ne se remettent pas en couple, les conséquences de l'année passée sont réelles ! Mais le film balaie ça de la main en les remettant ensemble... Je comprends que c'est pour accentuer l'idée d'un retour au monde originel d'Andrea, mais je trouve ça dommage.
C'était quand même fun à lire.
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Ils partiront dans l'ivresse Lucie Aubrac
★☆☆☆☆
J'ai abandonné cette lecture car je ne la trouvais pas très intéressante. Il y a déjà beaucoup de choses dedans que j'ai appris à l'école et la perspective féminine n'est pas tant explorée que ça, sauf pour dire qu'elle a un mari et un enfant dont elle doit s'occuper. Certes, elle parle plus ouvertement de ses relations sexuelles, mais rien de renversant (ce n'est pas Annie Ernaux non plus). Je comprends que cette perspective était sûrement nouvelle à l'époque, mais ça ne me touche pas non plus.
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